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Stock dormant en friperie : que faire des pièces qui ne se vendent pas ?

Fin de saison, les pièces d'été invendues prennent la place de l'automne. Comment repérer ce qui dort, comprendre pourquoi une pièce ne part pas, choisir entre la déplacer, la démarquer ou la sortir du stock, et annoncer une baisse de prix dans les règles.

Publié le 29 septembre 2026 · 8 min de lecture

Ce que coûte une pièce qui dort

Une pièce qui reste sur le portant ne coûte rien en apparence. En réalité, elle immobilise l'argent que vous avez payé pour l'acheter, elle occupe une place qu'une pièce plus demandée pourrait prendre, et elle donne aux habitués l'impression que rien ne change : ils revoient les mêmes vêtements d'une visite à l'autre, et finissent par passer moins souvent.

En dépôt-vente, le problème se déplace. La pièce ne vous a rien coûté, mais elle occupe la place, et sa fin de dépôt vous oblige à prévenir le déposant, à lui restituer ses articles ou à convenir d'une prolongation.

La fin de l'été est le bon moment pour s'en occuper : les pièces légères qui n'ont pas trouvé preneur gênent l'arrivée des manteaux et des pulls. Mieux vaut décider maintenant de leur sort que les retrouver au même endroit au printemps.

Repérer le stock dormant : la date d'entrée de chaque pièce

Pour savoir ce qui dort, il faut une seule information par pièce : sa date d'entrée en stock. Sans elle, on se fie à sa mémoire, et la mémoire retient les pièces qu'on aime, pas celles qui traînent.

Fixez ensuite votre propre seuil. Il n'existe pas de durée officielle : une pièce de saison se juge en semaines, un meuble ou un objet de collection peut attendre plusieurs mois. Commencez par un seuil par grande famille de produits, puis ajustez-le à l'usage.

À la main, deux méthodes fonctionnent :

  • Une pastille de couleur sur l'étiquette, une couleur par mois d'entrée : d'un coup d'œil sur le portant, vous repérez les pièces les plus anciennes.
  • Un tableur avec, pour chaque pièce, sa référence, sa date d'entrée, son prix d'achat et son prix de vente, que vous triez par date.

Quand la méthode à la main atteint ses limites

Les pastilles tiennent tant que le stock reste petit et que personne n'oublie d'en coller. Le tableur, lui, n'est juste que si chaque vente y est reportée : une vente oubliée, et une pièce partie depuis longtemps apparaît comme dormante ; une pièce restituée sans être rayée fausse toute la liste.

Avec quelques centaines de pièces uniques, cette double saisie devient une tâche à part entière, souvent repoussée au moment où l'on en aurait le plus besoin. Un logiciel de caisse qui date chaque pièce à son entrée et la retire du stock au moment où elle passe en caisse fait ce tri tout seul : la liste des pièces qui dorment est juste parce qu'elle vient directement des ventes.

Comprendre pourquoi une pièce ne part pas

Avant de baisser un prix, cherchez la cause. Une démarque ne sauve pas une pièce mal placée ou hors saison, et elle vous coûte de la marge sur une pièce qui se serait vendue ailleurs dans la boutique.

  • Le prix : comparez avec des pièces proches qui sont parties vite. Un écart net est souvent la raison.
  • L'emplacement : au fond de la boutique, en bas d'un portant ou au milieu d'une rangée trop serrée, une pièce ne se voit pas.
  • La saison : une robe en lin en octobre attend le printemps, quel que soit son prix.
  • La taille : certaines tailles tournent moins vite dans votre clientèle, et mieux vaut le savoir avant d'en racheter.
  • L'état : un défaut passé inaperçu à l'entrée peut sauter aux yeux en cabine. Vérifiez, et signalez-le sur l'étiquette.
  • La présentation en ligne : si vous vendez aussi sur internet, une photo sombre ou une description vague suffit à freiner une pièce.

Déplacer, démarquer, sortir : les leviers, du plus doux au plus radical

Pour la démarque, décidez des paliers une fois pour toutes, plutôt que de trancher au cas par cas devant chaque pièce. Prenons une veste achetée 8 € et étiquetée 25 €. Après six semaines sans preneur, elle passe à 20 € ; trois semaines plus tard, à 15 €. À ce prix, elle se vend encore 7 € au-dessus de son prix d'achat, et elle libère sa place pour une pièce de saison.

Les pièces en dépôt-vente suivent une autre logique : elles appartiennent au déposant. Leur prix ne baisse que dans les conditions prévues au contrat de dépôt, et c'est aussi le contrat qui dit, à son terme, si la pièce est restituée, prolongée ou laissée à la boutique.

Pour chaque pièce dormante, prenez une décision parmi quatre, dans cet ordre :

  • Déplacer : changer de portant, mettre en vitrine, associer la pièce à une tenue complète. C'est gratuit, et souvent suffisant pour une pièce qui ne se voyait pas.
  • Démarquer : baisser le prix par paliers fixés à l'avance plutôt que d'un coup, avec un prix plancher, au minimum ce que la pièce vous a coûté.
  • Vendre ailleurs : en ligne, sur un stand de braderie, ou en lot avec des pièces proches.
  • Sortir la pièce du stock : la ranger pour la saison prochaine si vous avez la place, la donner à une association ou la déposer dans un point de collecte textile. Notez la sortie et sa raison, pour que votre stock reste juste.

Annoncer une baisse de prix : ce que prévoit la loi, pays par pays

Changer une étiquette est une chose ; afficher une réduction, avec un prix barré ou un « -30 % », en est une autre. Sur ce point, la France et la Belgique appliquent depuis 2022 la même règle : le prix de référence d'une réduction annoncée est le prix le plus bas pratiqué au cours des 30 jours qui la précèdent.

En France, c'est l'article L112-1-1 du Code de la consommation : toute annonce de réduction de prix indique le prix antérieur, c'est-à-dire le prix le plus bas pratiqué par le professionnel envers tous les consommateurs au cours des trente jours précédant la réduction.

En Belgique, la règle figure à l'article VI.18 du Code de droit économique. Selon le SPF Économie, l'entreprise qui annonce une réduction de prix au consommateur doit indiquer le prix le plus bas, appelé prix de référence, pratiqué au cours des 30 jours précédant la réduction.

Pour une démarque par paliers, le réflexe le plus sûr est donc de toujours barrer le prix le plus bas des trente derniers jours, et non le tout premier prix de la pièce. Les soldes ont en plus leurs propres dates et règles dans chaque pays, que ce guide ne traite pas. Si votre boutique est située ailleurs qu'en France ou en Belgique, vérifiez les règles d'annonce des prix auprès de l'administration de votre pays.

En pratique : un rendez-vous mensuel avec son stock

Le plus efficace est d'en faire une habitude. Une fois par mois, sortez la liste des pièces qui ont dépassé votre seuil et décidez pour chacune : déplacer, démarquer, vendre ailleurs ou sortir. Le rendez-vous reste court, à condition que la liste soit juste.

C'est le rôle du tableau de bord de VenStor : il met en avant le stock dormant, c'est-à-dire les pièces d'occasion en stock depuis plus de 90 jours, avec l'ancienneté de chacune. Pour une fin de saison, une campagne de soldes applique une remise en pourcentage sur la période choisie, directement en caisse, sans toucher aux pièces des déposants qui l'ont refusé. Et une pièce donnée ou restituée change de statut avec sa raison, pour que le stock reste juste.

Questions fréquentes

À partir de combien de temps une pièce est-elle du stock dormant ?

Il n'existe pas de durée officielle : c'est à vous de fixer le seuil, selon la vitesse à laquelle tourne chaque famille de produits. Une pièce de saison se juge en semaines, un meuble ou un objet de collection en mois. L'essentiel est de connaître la date d'entrée de chaque pièce.

Faut-il afficher l'ancien prix quand on démarque une pièce ?

Si vous annoncez une réduction, le prix de référence doit être le prix le plus bas pratiqué au cours des 30 jours qui la précèdent : en France, selon l'article L112-1-1 du Code de la consommation, et en Belgique, selon l'article VI.18 du Code de droit économique.

Peut-on démarquer une pièce en dépôt-vente ?

Seulement dans les conditions prévues au contrat signé avec le déposant, puisque la pièce lui appartient. Si vos conditions de dépôt prévoient des baisses de prix au fil du temps, appliquez-les telles qu'elles sont écrites ; sinon, demandez-lui son accord.

Que faire des vêtements qui ne se vendent vraiment pas ?

Les ranger pour la saison suivante si vous avez la place, les proposer en lot, les donner à une association ou les déposer dans un point de collecte textile. Dans tous les cas, sortez-les du stock avec la raison, pour que votre inventaire reste juste.

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