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Dépôt-vente : quels articles accepter, lesquels refuser, et comment le dire au déposant

Critères écrits, examen rapide, prix fixé avec le déposant, refus expliqué sans froisser : comment trier les pièces qu'on vous propose en dépôt, pour garder un rayon qui se vend et des déposants qui reviennent.

Publié le 12 octobre 2026 · 7 min de lecture

Accepter une pièce n'est jamais gratuit

En dépôt-vente, chaque pièce acceptée prend de la place en rayon et du temps : l'enregistrer, l'étiqueter, la mettre en rayon, la suivre, prévenir le déposant à l'échéance, puis la lui rendre si elle ne s'est pas vendue. Votre commission, elle, n'arrive qu'à la vente. Une pièce qui ne se vend pas vous a coûté du travail, a occupé un cintre qu'une autre aurait rentabilisé, et a déçu son déposant.

Trier dès l'accueil, c'est donc protéger à la fois votre rayon et la relation avec vos déposants. C'est d'autant plus utile à l'automne : les dressings changent de saison, et beaucoup arrivent avec des sacs entiers de pièces d'été au moment où vos clients cherchent des manteaux.

Vos critères, écrits une fois pour toutes

Un tri juste est un tri prévisible : le déposant doit pouvoir savoir, avant de venir, ce que vous prenez. Fixez vos critères par écrit, sur une page :

  • La saison : n'acceptez que ce qui peut se vendre pendant la durée du dépôt. Si vos dépôts durent deux mois, une robe d'été déposée en octobre a toutes les chances de revenir invendue ; en automne, prenez manteaux, pulls, bottes et écharpes.
  • L'état : une pièce propre, sans tache, odeur, trou ni bouloche marquée, avec ses boutons et une fermeture qui fonctionne.
  • Les marques et les styles que votre clientèle achète vraiment, et ceux dont vos rayons débordent déjà.
  • Un nombre maximal de pièces par dépôt, et par type de pièce si un rayon est plein : dix jeans d'un coup, c'est dix jeans qui se concurrencent.
  • L'authenticité : refusez toute pièce de marque dont vous ne pouvez pas vérifier qu'elle est authentique.
  • Le prix possible : si la pièce ne peut se vendre qu'à un prix trop bas pour payer le travail qu'elle demande, mieux vaut la refuser.

Examiner une pièce en quelques secondes

Avec l'habitude, l'examen d'un vêtement prend moins d'une minute, à condition de toujours suivre le même ordre. Posez la pièce à plat, sous une bonne lumière, et regardez :

  • Les zones qui s'usent en premier : col, aisselles, poignets, entrejambe, bas de pantalon.
  • L'intérieur : doublure, coutures, étiquettes de taille et de composition.
  • Les fermetures, boutons et pressions : essayez-les tous.
  • Pour les chaussures, les semelles et les talons ; pour les sacs, les coins, les anses et l'intérieur.
  • L'odeur : tabac, humidité ou renfermé ne partent pas toujours au lavage.

Fixer le prix avec le déposant

Le prix se décide au moment où vous acceptez la pièce, pas plus tard. Le déposant pense souvent au prix qu'il a payé neuf ; votre rôle est de lui donner le prix auquel la pièce partira en boutique, et de lui expliquer pourquoi : l'état, la saison, ce que vos clients paient pour des pièces semblables.

Montrez-lui aussi ce qui lui reviendra. Prenons un manteau mis en vente 40 € avec une commission de 40 % : 16 € pour la boutique, 24 € pour le déposant. À l'inverse, une pièce vendue 5 € avec la même commission ne vous laisse que 2 €, ce qui paie rarement le travail qu'elle demande : c'est le critère du prix possible.

Si le déposant tient à un prix que vous savez trop haut, vous avez deux options : accepter en lui disant franchement que la pièce risque de revenir, ou refuser. Dans les deux cas, le prix convenu est celui qui figure au contrat de dépôt.

Refuser sans froisser

Un refus mal dit fait perdre un déposant, et parfois un client. Quelques règles suffisent à le rendre acceptable :

  • S'appuyer sur vos critères écrits, jamais sur un goût : « ce n'est pas la saison pour nous » plutôt que « ça ne se vend pas ».
  • Parler de votre clientèle, pas de la pièce : « nos clients cherchent peu cette marque en ce moment ».
  • Proposer une suite : revenir au printemps avec les pièces d'été, ou les donner à une association ou une ressourcerie de votre quartier.
  • Rendre tout de suite les pièces refusées : ne gardez jamais en réserve une pièce qui n'est pas au contrat.
  • Remercier : un déposant dont la moitié des pièces a été refusée reviendra si l'autre moitié se vend bien.

À la main : ce qui marche, et où ça coince

À la main, le tri se fait au comptoir : le déposant arrive avec ses sacs, vous examinez chaque pièce devant lui, vous notez sur papier ce qui est accepté et à quel prix, puis vous lui rendez le reste. Avec quelques dépôts par semaine, cela fonctionne très bien.

Le problème, c'est le moment où tout le monde vient. Un samedi après-midi, trois déposants avec chacun deux sacs, ce sont des clients qui attendent à la caisse, des pièces refusées qui encombrent le comptoir et des notes griffonnées qu'il faudra recopier. Un logiciel de dépôt-vente qui permet aux déposants de proposer leurs pièces en photo avant de venir déplace ce travail : vous triez au calme, et le déposant n'apporte que ce que vous avez retenu.

En pratique : trier avant, accueillir mieux

Écrivez vos critères sur une page, affichez-les au comptoir et sur vos réseaux, et mettez-les à jour à chaque changement de saison. Faites le tri devant le déposant ou, mieux, avant sa venue, fixez le prix avec lui au moment d'accepter la pièce, et rendez tout de suite ce que vous refusez.

Dans VenStor, selon la formule, vos déposants peuvent proposer leurs pièces depuis leur espace personnel, chacune avec une photo et, s'ils le souhaitent, la marque, la taille et le prix demandé. Vous les retrouvez dans l'onglet Dépôts : pour chaque pièce, vous fixez le prix de vente, l'acceptez ou la refusez, avec une note privée si besoin. À la fin de la revue, le déposant reçoit un email qui liste les pièces retenues avec leur prix de vente et l'invite à venir les déposer. À son arrivée, la proposition devient un dépôt, et une pièce qui ne correspond pas à sa photo peut encore être refusée.

Questions fréquentes

Comment refuser un article en dépôt-vente sans vexer le déposant ?

Appuyez-vous sur des critères écrits et connus à l'avance, parlez de votre clientèle plutôt que de la pièce, proposez une suite, revenir à la bonne saison ou donner la pièce, et rendez tout de suite ce qui est refusé.

Quels vêtements accepter en dépôt-vente à l'automne ?

Ceux qui peuvent se vendre pendant la durée du dépôt : manteaux, pulls, bottes, écharpes. Les pièces d'été ont plus de chances de partir si elles sont déposées au printemps.

Faut-il trier les pièces devant le déposant ?

C'est préférable : il voit ce qui est accepté, fixe le prix avec vous et repart avec ce qui est refusé. Le tri sur photo, avant sa venue, a les mêmes avantages et évite d'encombrer le comptoir aux heures d'affluence.

Combien de pièces accepter par dépôt ?

Il n'y a pas de bon chiffre universel : il dépend de la place dont vous disposez et de ce qui se vend chez vous. Fixez un maximum par dépôt, et par type de pièce quand un rayon est plein, et écrivez-le dans vos critères.

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